"Tout en Ganançay était étrange et inexplicable: son mariage, sa manière de vivre, sa préoccupation des jugements d'autrui à l'égard de son aisance, son affectation à en expliquer l'origine, jusqu'au tressaillement qu'il éprouvait dès qu'on sonnait à sa porte. Si Gilberte réussissait à voir de l'exagération dans la perversité dont son ami faisait parade, elle ne parvenait pas aussi aisément à se tranquilliser au sujet du mystère qui en imprégnait, pour ainsi dire, les actions et le langage. Elle l'avait revu plusieurs fois, et s'était sentie plus empêchée à l'issue de chaque visite. En d'autres instants, las de conjecturer, elle aimait à croire sa pénétration en défaut, et se persuadait qu'il n'y avait pas dans l'histoire de Ganançay autre chose que les détails bien assez scandaleux déjà que celui-ci en racontait. Au reste, elle gardait pour elle ses observations et ses doutes. Se flattant peut-être de voir Ganançay venir un jour à résipiscence, elle n'en parlait même jamais que pour en faire valoir l'heureuse transfiguration. Elle eut, à cause de cela, une nouvelle et assez aigre altercation avec Norpois."
Étonnement d’Oriane (feutre vert): je ne connaissais pas Ganançay sous cet angle mais il est vrai aussi que je le connaissais peu. Ganançay n’était guère plus qu’une relation d’enfance de mon mari le Général Proust et sa fonction de Préfet d’une province lointaine ne nous avait pas souvent mis en relation. Pourtant il avait la réputation d’être le confident des dames… Il ne fut jamais le mien.
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